Diversité culturelle et santé mentale : comprendre et soutenir la demande d’aide
La diversité culturelle est aujourd’hui une réalité incontournable au Québec, particulièrement dans les régions comme Chaudière‑Appalaches. En effet, le nombre de personnes issues de l’immigration et de différentes communautés ethnoculturelles est en croissance. Bien que cette diversité apporte un enrichissement important dans divers milieux, il existe des enjeux relatifs à la santé mentale.
1.Regard statistique
L’Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada (ELIC) a suivi des personnes immigrantes à trois moments différents après leur arrivée au pays.
Les résultats montrent une évolution importante, chez certains immigrants, de leur santé mentale au fil du temps. Six mois après leur arrivée, seulement 5 % des immigrants disaient vivre des difficultés émotionnelles. Toutefois, ce pourcentage a augmenté fortement avec les années, atteignant 29 % deux ans et quatre ans après leur arrivée.
De plus, 16 % des immigrants ont déclaré vivre un niveau de stress élevé quatre ans après leur arrivée. Les principales sources de ce stress sont liées à leur situation économique, notamment l’emploi, le travail et les finances.
Ces données suggèrent que plusieurs personnes immigrantes arrivent avec une bonne santé mentale. Toutefois, chez certaines, celle-ci peut se fragiliser avec le temps, en fonction de facteurs liés aux conditions d’accueil, d’intégration et au contexte socioéconomique, plutôt qu’à l’immigration en soi.
2.Immigration, adaptation et détresse psychologique
L’immigration est reconnue comme un événement de vie majeur pouvant avoir des effets importants sur la santé mentale. Le vécu prémigratoire, le parcours migratoire et les conditions d’accueil influencent directement le bien être psychologique des personnes immigrantes.
Même si plusieurs nouveaux arrivants présentent initialement une bonne santé mentale cet avantage tend à diminuer avec le temps en raison de facteurs tels que :
- L’isolement social ;
- La précarité économique ;
- La discrimination ;
- Les barrières linguistiques ;
- La difficulté d’intégration professionnelle.
Bien souvent, ce sont plutôt des obstacles qui rendent l’accès à l’aide plus difficile. Chaque personne vit une situation différente : certaines peuvent compter sur leur famille ou leur communauté, d’autres se sentent plus seules, selon leur parcours et leur milieu de vie.
3.Les obstacles à la demande d’aide en santé mentale
Les populations d’immigrants, de réfugiés et de groupes ethnoculturels ou racialisés sont moins susceptibles demander de l’aide en cas de problèmes de santé mentale.
Plusieurs facteurs peuvent retarder l’utilisation des services en santé mentale par les personnes issues de la diversité culturelle :
- Stigmatisation associée aux troubles mentaux ;
- Méconnaissance du système de santé québécois ;
- Barrières linguistiques et communicationnelles ;
- Manque de services culturellement adaptés ;
- Peur du jugement ou de conséquences administratives (statut, emploi).
Malgré tous ces défis, de nombreuses personnes issues de l’immigration déploient des stratégies de résilience importantes et contribuent activement à leur communauté d’accueil notamment : par la solidarité, l’entraide et l’engagement social.
De plus, pour plusieurs personnes, il est naturel de chercher du soutien auprès de la famille, des proches, de la communauté ou à travers la spiritualité lorsque ça ne va pas bien. Ces formes d’aide sont importantes et peuvent apporter du réconfort et du soutien dans les moments difficiles. Elles peuvent s’ajouter aux services professionnels en santé mentale ou être un premier pas pour se sentir mieux et, au besoin, aller chercher de l’aide par la suite.
4.Chercher de l’aide : par où commencer ?
- Composer le 811, option 2 (Info‑Social) pour parler à un intervenant en cas de besoin psychosocial.
- Consulter le service 211 (par téléphone ou via le site Internet)
- Pour obtenir de l’information sur les organismes communautaires, les services d’aide, de soutien à l’intégration, et les ressources locales adaptées aux personnes immigrantes.
- Contacter un organisme communautaire de votre région
- Œuvrant auprès des personnes immigrantes ou des familles afin d’obtenir un accompagnement personnalisé, de l’information ou de l’orientation vers les services appropriés.
- Consulter le répertoire d’organismes pour l’intégration : Services de soutien à l’intégration offerts par les organismes communautaires partenaires | Gouvernement du Québec
Pour aller plus loin
Formation gratuite et au rythme de l’apprenant sur le coût de la vie au Québec,
le budget et l’épargne : Parcours – Personne immigrante — Viser plus
Ressources et outils en soutien à la prévention du suicide en contexte de diversité culturelle et de migration : Trousse Horizons
Capsules d’autoformation du Groupe d’expertise pour le développement des cités interculturelles au Québec (GEDCIQ) : Capsules d’autoformation
Article Être une terre d’accueil inclusive : Être une terre d’accueil inclusive – Santé psychologique
La santé en contexte migratoire : Santé en contexte migratoire : quelques repères
Références
Anjorin, O., Agyapong-Opoku, G., Sodunke, T., Harri, B. I., Etim Duke, A. E., Ale, O. A. J., … Eboreime, E. J. (2026). Immigrants’ Experiences of Barriers and Enablers to Mental Health Services in Canada – A Scoping Review. Journal of Immigrant and Minority Health. https://doi.org/10.1007/s10903-026-01868-1
Gouvernement du Canada (2016). La santé mentale des nouveaux immigrants au Canada (Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada). Gouvernement du Canada https://www.canada.ca/content/dam/ircc/migration/ircc/francais/pdf/recherche-stats/sante-mentale.pdf
Gopalkrishnan N. Cultural Diversity and Mental Health: Considerations for Policy and Practice. Front Public Health. 2018 Jun 19;6:179. doi : 10.3389/fpubh.2018.00179. PMID : 29971226 ; PMCID : PMC6018386.
Statistique Canada. (2020). La santé mentale des immigrants et des personnes nées au Canada. Rapports sur la santé, 31 (8), no 82-003 ‑X.
https://www150.statcan.gc.ca/n1/fr/pub/82-003-x/2020008/article/00001-fra.pdf
Rédigé par : Jennyfer Levasseur, APSM, Direction de santé publique, 2026-04-20
Révisé par : Casey Cardinal, APSM, Direction de santé publique et Catherine Gagnon Grégoire, APSM, Direction de santé publique
